Insomnie, crises de nerfs, hausse des urgences… À chaque pleine lune, les mêmes légendes ressurgissent. Mais 3 000 ans après les premières superstitions babyloniennes, qu’en dit vraiment la science ?
En bref
- 68 % des Français croient que la pleine lune influence le comportement (sondage Ifop 2024)
- 1 personne sur 5 déclare mal dormir les nuits de pleine lune
- Les services d’urgence et les policiers constatent souvent +10 à 15 % d’interventions… mais pas partout
- Aucune étude scientifique majeure n’a prouvé d’effet direct sur l’humeur ou la folie
- La lumière de la pleine lune (400 000 fois moins forte que le soleil) perturbe bel et bien le rythme circadien
Depuis l’Antiquité, on accuse la Lune d’être responsable de tout : accouchements en série, crimes passionnels, comportements étranges. Le mot « lunatique » vient d’ailleurs du latin lunaticus, « atteint par la Lune ». En 2025, malgré les smartphones et les neurosciences, l’idée persiste. Urgences psychiatriques, sages-femmes, policiers : beaucoup jurent que « ça se voit ». Pourtant, plus de 100 études se sont penchées sur la question. Et les résultats sont… surprenants. Alors info ou intox ? La réponse est plus nuancée qu’on ne le croit.
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La pleine lune : le mythe qui ne veut pas mourir
Le lien pleine lune = folie vient principalement d’une étude de 1984 très médiatisée… qui n’a jamais été reproduite depuis. En réalité, la plupart des méta-analyses (notamment celle de 2019 publiée dans Psychological Medicine) concluent : aucun effet statistiquement significatif sur les suicides, les homicides ou les admissions en psychiatrie.
Pourquoi on dort moins bien alors ?
Là, la science est formelle. La pleine lune émet une lumière bleue froide qui inhibe la production de mélatonine (l’hormone du sommeil). Résultat : endormissement plus long, sommeil moins profond.
Une expérience suisse de 2013 (réanalysée en 2021) a montré que même dans une pièce totalement noire, des volontaires mettaient 5 minutes de plus à s’endormir et dormaient 20 minutes de moins les nuits de pleine lune… simplement parce que leur horloge interne « sentait » la phase lunaire.
2. Les urgences et la police : coïncidence ou réalité ?
Certaines études locales (Calgary 2017, Bradford 2018) montrent une légère hausse des appels les nuits de pleine lune (+3 à 8 %). Mais quand on regarde à l’échelle nationale ou mondiale, l’effet disparaît. Explication probable : les gens sortent plus (beau temps souvent associé), boivent plus, donc… plus d’accidents. La Lune n’y est pour rien, c’est l’alcool et les soirées.
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3. Et les femmes, les loups-garous et les marées dans le corps ?
70 % d’eau dans le corps ? Oui, mais pas dans des espaces ouverts : impossible d’avoir des « marées internes ».
Accouchements : méta-analyse de 2018 sur 5 millions de naissances → zéro corrélation.
Règles : aucune synchronisation avec les cycles lunaires (29,5 jours en moyenne vs 28 jours pour les règles, mais énorme variation individuelle).
Que retenir
Finalement, la pleine lune n’a pas le pouvoir qu’on lui prête sur notre santé mentale ou nos comportements violents. Son seul effet prouvé ? Une petite perturbation du sommeil chez certains, surtout en ville où la lumière artificielle amplifie le phénomène.
Mais alors pourquoi ce mythe est-il si résistant ? Et surtout : si demain on vivait tous sur Mars sans lune, serions-nous plus calmes… ou juste plus tristes de ne plus avoir cette belle lumière argentée dans le ciel ?

Emilia, rédactrice et journaliste pour Santé Nova. Sujet Lifestyle et pleins d’idées pour la vie de tous les jours ! Je partage mes idées sur la santé, mes découvertes, les remèdes de grand-mère, les astuces naturelles du quotidien, la psychologie ! #inspiration #slowfood #sante
